Notre cinquième république dont nous sommes si fiers serait-elle en bout de course ? La question est de plus en plus présente, au point que certains candidats à la présidentielle proposent de passer à une sixième république qui changerait en profondeur notre constitution. L'abstentionnisme des citoyens, dégoûtés par la politique française, illustre le danger que nous encourons alors notre république ne tient simplement pas compte de cette apathie.
Les maux de la République
Plusieurs causes de ce désintéressement peuvent être envisagées. Le fameux slogan du "tous pourris" illustre le principal facteur de déception envers les politiciens français. La liste des politiciens condamnés en justice est interminable. Voir les mêmes personnages poursuivre aujourd'hui leur carrière, parfois remis en selle par d'autres politiciens, laisse systématiquement dans la tête des citoyens cette même sensation qu'un responsable politique n'est pas digne de confiance. In fine, pourquoi s'embêter à voter, quand les candidats en profiteront quoi qu'il advienne pour se remplir les poches aux frais du contribuable ?
Lorsqu'en plus, les partis politiques deviennent plus importants que le devoir de représentation des députés, il devient difficile pour un citoyen de se sentir représenté, et donc légitime à voter pour celui qui agira davantage pour son parti politique que pour ceux qu'il représente. Les nombreuses menaces d'exclusion que reçoivent les député faisant passer leurs convictions avant leur parti, témoignent d'un autre comportement politique excluant les citoyens du débat démocratique législatif.
Enfin, les promesses de campagne bafouées, tant par la droite que la gauche, et les référendums ignorés, achèvent d'exaspérer les citoyens en confirmant que, même quand la question leur est posée, la réponse n'a que peu d'impact sur les décisions qui seront prises.
La non-démocratie française
Face à perte de vitesse et de confiance en la démocratie, la question est importante : quelles solutions pouvons-nous mettre en oeuvre pour renforcer notre démocratie ?
La première réponse est peut-être dans la définition même de démocratie. Le "peuple souverain" implique que les décisions pour l'avenir de la nation soient prises par le peuple, l'assemblée des citoyens. Au titre de cette définition, il s'avère que la France n'est absolument pas démocratique. "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants"... dès lors que l'on suppose qu'en 5 ans, la situation du pays n'évolue pas assez, sans quoi les intérêts des Français ne seraient plus représentés. La crise des subprimes atteste d'ailleurs que le monde attend sagement la fin d'un mandat présidentiel français pour faire évoluer la situation de la France.
La vraie question n'est donc pas de renforcer la démocratie mais de faire exister la démocratie en France. Permettre au peuple d'intervenir dans les décisions politiques, lorsqu'il estime être mal représenté, est un bon début, et le référendum d'initiative populaire l'application d'un tel précepte. Alors que les manifestations contre la loi travail ou contre le mariage pour tous ont été accompagnées de violences, demander à l'ensemble des citoyens de trancher éviterai des mois de mobilisations et garantirait le respect du peuple souverain.
Quant à la faisabilité du référendum, les moyens technologiques aujourd'hui disponibles limitent le coût d'organisation d'un référendum. La fondation Jean Jaurès propose par ailleurs un rapport conséquent de possibilités démocratiques offertes par le numérique.
D'autres idées
Si le référendum d'initiative populaire permettrait déjà de limiter la capacité des responsables politiques à abuser de leur position et à briser leurs promesses, d'autres pistes existent.
La non-reconnaissance du vote blanc incite à s'abstenir plutôt que d'aller voter pour être finalement ignoré. Ainsi l'opposition du citoyen à tous les choix proposés n'est pas distinguée de son indifférence. La Colombie respecte le vote blanc majoritaire en renouvelant le scrutin avec une liste neuve de candidats, incitant, au passage, à un renouvellement de la classe politique.
Sur la représentation des citoyens, les élections législatives, et le scrutin actuel par circonscription, aboutissent à un parlement non représentatif des électeurs comme le précise Le Monde. De la même manière, la prime majoritaire des élections régionales nuit à la représentativité des élus.
C'est ainsi un ensemble de questions sur le fonctionnement de la démocratie que nous devons nous poser pour éviter les sorties de route de notre système politique.
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