dimanche 5 mars 2017

Remercier le licenciement

Dans ses propositions pour l'élection présidentielle pour 2017, le Nouveau Parti Anticapitaliste propose d'interdire aux entreprises le licenciement. Faute d'informations plus détaillées sur la mise en place de cette proposition, nous supposerons ici que le NPA souhaite interdire toutes les formes de licenciement.


Lutter contre le licenciement abusif
De prime abord, interdire les licenciements semble pertinent quand on observe les conséquences psychologiques subies par le salarié licencié. La remise en cause de son parcours professionnel et de son niveau de vie personnel, ainsi que le jugement d'une société française pratiquant l'accusation du chômeur sont autant de sources de souffrances psychologiques.

Lorsque cette souffrance est causée par une cause illégitime, nous sommes en droit de chercher à l'éviter. Le licenciement boursier est sans doutes la plus terrible des causes abusives de licenciement économique aujourd'hui permises. Licencier alors que l'entreprise engrange des bénéfices et que les instances dirigeantes augmentent leur rémunération, dans le seul but de doper l'action boursière de la compagnie résume le rôle du salarié à celui de variable d'ajustement de l'entreprise quand il devrait en être le centre d'intérêt.


Interdire serait nuire
Si, au vu des pratiques précédentes et de leurs conséquences pour le licencié, il semble légitime d'interdire des licenciements, il ne faut pas ignorer pour autant les conditions légitimes menant à exclure un salarié de l'entreprise.

S'il s'agit de licencier un salarié pour faute, ce n'est pas causer son malheur mais se prémunir de désagréments qui représentent une menace pour l'entreprise. De la même manière, une entreprise avec de réels problèmes économiques doit pouvoir ajuster ses dépenses si elle souhaite relancer son activité et cet ajustement peut nécessiter le départ d'une partie de la force de travail.

De plus, la crainte de ne pas pouvoir se séparer d'un salarié pousserait les employeurs à embaucher en contrats à durée déterminée voire en intérimaire. Empêcher les licenciements en précarisant davantage les salariés serait au final contre-productif.

Enfin, interdire les licenciements serait encourager les patrons malintentionnés à employer des stratégies de harcèlement pour pousser le salarié à la démission, avec des conséquences sur la santé de l'employé qui peuvent être bien plus néfastes que le passage au statut de chômeur.


Finalement
Interdire le licenciement est une proposition légitime quand on constate la souffrance infligée au salarié qui perd son emploi. Cependant, cette interdiction stricte pose problème car elle risque de favoriser l’effondrement d'entreprises en difficulté et les mauvaises pratiques permettant de contourner le cadre des licenciements.

Pour lutter contre les pratiques injustes, renforcer la législation et le contrôle des motifs de licenciement, notamment l'interdiction des licenciements boursiers, serait sans doutes une meilleure idée à ressortir des cartons, malgré l'échec de son dernier passage devant le sénat.

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