vendredi 3 février 2017

Les emplois fictifs, un vrai Fillon

La "PénélopeGate" est lancée depuis quelques jours maintenant et je constate, quelle que soit la conclusion de l'affaire, que les questions essentielles me semblent avoir été oubliées. Petit résumé de l'affaire par RTL


Pour quel travail ?
Mme Fillon est suspectée d'avoir bénéficié d'un emploi fictif d'assistante parlementaire de son mari François Fillon. Premier hic dans cette accusation, les tâches d'un assistant parlementaire c'est quoi au juste ? Hé bien, d'après l'assemblée nationale, c'est tout ce que le parlementaire veut. Du coup difficile de parler d'emploi fictif quand "la plupart des collaborateurs se voient confier des tâches d’assistance et de secrétariat comme la tenue de l’agenda, la prise de rendez-vous, la permanence téléphonique".

Mme Fillon pouvait ainsi, sans quitter son domicile, réaliser un travail complet d'assistante parlementaire. De plus, sans limitations dans les tâches d'un assistant, être femme au foyer peut être perçu comme suffisant car, après tout, ne pas avoir à s'occuper de ses problèmes personnels libère autant de temps à accorder au travail de député.

Mais gérer la vie privée d'un député est-il une tâche digne d'un assistant parlementaire ?  "La création de la fonction d’assistant parlementaire [...] répondant aux souhaits des députés de disposer [...] des moyens humains et matériels leur permettant de faire face aux diverses charges de leur mandat" il semblerait donc que oui, puisque davantage de temps pour être député est aussi davantage de temps pour "faire face aux diverses charges de [son] mandat".

Reste l'aspect éthique de l'emploi de Mme Fillon. Sur ce point et sauf erreur, en France nous ne considérons pas les activités ménagères comme du travail. Entretenir un logement, élever des enfants, gérer ses comptes ne sont pas perçus comme du travail. Considération paradoxale cependant car cela signifierait qu'un agent d'entretien, un employé de crèche ou un gestionnaire de compte.... ne travaille pas !

À mon sens, la vraie question de la polémique est plutôt celle de ce qu'est le travail.
La définition de Larousse illustre le problème, le travail est finalement toute forme d'activité. Considérer que telle activité mérite ou non un salaire dépend surtout de la capacité qu'a une personne à vous payer pour cette activité.

Avec quelle qualification ?
Histoire d'en rajouter à l'affaire Fillon, Marianne relève que François Fillon aurait aussi fait profiter ses enfants, les ayant payés pour des missions de droit alors qu'ils n'étaient pas avocats.

Seulement la question se pose : faut-il avoir un diplôme pour être compétent ? Les enfants Fillon étaient en étude de droit lorsque leur père les a missionnés, cela ne signifie pas pour autant que, faute de diplôme, ils n'étaient pas en mesure de fournir le conseil juridique dont le député avait besoin ? 

Mon problème se pose alors, je n'ai aucun diplôme de citoyenneté, suis-je donc parfaitement incapable d'être citoyen et de voter ? J'ai pourtant reçu, comme tout à chacun des cours d'éducation civique et je cherche, qui plus est, à m'informer de la situation économique et géopolitique de la France. Mais sans diplôme pas de compétences...

Certes je ne sous-entends pas qu'un diplôme n'a aucune valeur et je ne me prétends pas politologue sur le simple fait que ces sujets m'intéressent et que j'en lis quelques articles. Mais il existe à mon sens une distinction entre compétence et expertise. On peut ainsi avoir des compétences dans un domaine sans pour autant en être un expert, une distinction semble-t-il aussi absente du débat public que la définition de ce qu'est un emploi.



Remarque : Vous venez de lire mon tout premier article et il est très certainement perfectible. N'hésitez donc pas à m'envoyer tous vos conseils de rédaction, mise en forme, contenu pour m'aider à m'améliorer.

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