lundi 13 février 2017

Le travail en perte d'emplois

C'est une question de fond de la campagne présidentielle qui commence, comment offrir un emploi à chacun ? Que les propositions soient de mieux former les chômeurs, de taxer les machines ou d'encourager à recruter un Français plutôt qu'un étranger, la première question à se poser est de savoir si nous pouvons garantir aujourd'hui, et sur le long terme, qu'il y aura assez d'emplois pour tout le monde.


Disparition du travail
La plupart des recherches menées sur la question de l'avenir de l'emploi sont assez pessimistes, une bonne partie des métiers sont voués à être remplacés par un robot et/ou un logiciel. 47% des métiers actuels disparaîtraient ainsi d'ici 10 à 20 ans d'après une étude d'Oxford. le scénario est simple et la part en situation précaire de la population semble vouée à augmenter.

Cependant, il ne faut pas oublier de prendre en compte les opportunités de création de nouveaux emplois et métiers grâce aux nouvelles technologies. Le Conseil d'Orientation pour l'Emploi(COE) estime que seulement 10% des emplois français sont menacés d'ici 2022 en y ajoutant les possibles nouveaux métiers. Le COE envisage même une augmentation globale du nombre d'emplois... qualifiés, et donc indisponibles aux principales victimes de l'informatisation.

Certes il est tout à fait possible à un individu de se former à un nouveau métier. Mais selon les compétences de départ de chacun, deux ans de droits au chômage ne suffiront peut-être pas à transformer un agent d'entretien en cadre à même d'effectuer les tâches "qui impliquent de résoudre des problèmes, de faire preuve de créativité ou de leadership"

La création d'emplois et la population active
Si l'on fait abstraction des catégories d'emploi touchées et de l'évolution des qualifications requises pour un emploi, qu'en est-il du nombre brut d'emplois disponibles et nécessaires en France pour que chacun ait un travail ?

D'après le ministère du travail, la création d'emplois en France était de 41 milliers en 2014. Comparés aux 1,228 millions de chômeurs de longue durée (plus d'un an) comptés en 2015, il faudra attendre encore 30 ans avant de fournir un travail à chaque Français qui en recherche, si la création d'emplois reste stable.

Côté renouvellement de la population, l'INSEE définit la population active comme étant l'ensemble des 15-64 ans. Si l'on observe la pyramide des âges, le nombre de jeunes qui entreront sur le marché du travail chaque année pendant les 14 prochaines années est en moyenne de 819'486 contre le départ de 859'397 anciens. Ce sont donc 40'000 emplois disponibles chaque année qui ne seront pas pourvus par l'arrivée de nouveaux salariés. Nous voilà rassurés, il ne nous faut plus que 16 ans pour fournir un emploi à chacun.


En conclusion
Sans avoir pris en compte le solde migratoire, les morts prématurées et autres crises économiques, l'idée d'un emploi pour chacun en France n'est pas pensable avant que les répercussions de l'informatisation ne se produisent. 10% d'emplois menacés d'ici 2022, 47% des métiers menacés d'ici 2024-2034 face à un "plein emploi" biaisé que nous avons calculé ici en 2031.

Qu'elle politique envisager pour limiter la précarité de la population qui n'a pas la chance d'avoir un travail ?
Une régulation des naissances pour ajuster natalité et demande de travailleurs ? 
Une diminution du temps de travail pour répartir l'emploi disponible sur le nombre de travailleurs ?
Planifier la formation des jeunes en fonction des emplois qui seront demandés à leur sortie d'études pour éviter les erreurs de parcours et les besoins d'être formés une seconde fois ?
Distinguer le travail de l'aptitude à avoir l'argent pour vivre via un revenu universel ?
Accuser le chômeur de l'outrage qu'il commet en ne trouvant pas un emploi qui n'existera que dans 15 ans au mieux ?








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