Marine Le Pen continue de proposer le retour au franc et ses adversaires politiques de crier au scandale. Ce qui m'étonne alors est la certitude immodérée que le retour au franc est une folie. Il est rare qu'une question économique ait une réponse parfaitement manichéenne alors quels seraient les changements d'un retour au franc ?
Une monnaie compétitive
Le premier argument s'opposant au retour au franc est la perte de force de l'économie française sur le marché international. Problème, l'économie française doit en partie son manque de compétitivité à l'euro.
En effet, le maintient de la force de l'euro par rapport au dollar a rendu les produits européens plus chers pour les acheteurs hors de la zone euro, pendant que des pays européens avec moins de charges sociales vendent moins cher à l'intérieur de l'Europe. Au final, la France manque par deux fois de compétitivité.
De plus, dévaluer l'euro est difficile à envisager quand il faut l'accord de tous les pays européens alors que les intérêts divergent sur le sujet. Ainsi l'Allemagne grande exportatrice malgré la force de l'euro préfère conserver l'avantage d'importations à moindre coûts à la différence de la France et de sa balance commerciale négative.
Obligation de retour commercial
Utiliser une monnaie nationale pour commercer à l'étranger offre la garantie de voir cette monnaie revenir. En effet, les francs échangés à l'étranger n'ont de valeur qu'aux yeux des français et de leurs partenaires commerciaux. Acheter à l'étranger en francs forcerait le retour de cette monnaie en exportation et contribuerait à équilibrer notre balance commerciale.
Le problème de l'équilibre commercial
Cependant, parvenir à équilibrer la balance commercial à l'aide d'une monnaie nationale nécessite un prérequis : la somme de nos besoins en importations de matière premières ne doit pas excéder notre capacité à exporter, au risque de ne plus parvenir à importer les denrées indisponibles sur le territoire français. Je n'ai pas trouvé d'études sur le sujet me permettant de dire où nous en serions concernant la réponse à ce problème.
Le problème de la dette
A l'opposé de l'avantage de compétitivité que nous rendrait le retour au franc, il serait plus difficile pour le pays d'emprunter à des créanciers étrangers qui auraient peu d'intérêt à prêter en francs. Comme le rappelle Les Echos, le rassemblement des dettes nationales au niveau de la zone euro augmente les garanties de remboursement des créanciers et réduisent les taux d'intérêts en vigueur.
Quitter l'euro supposerait donc de résoudre, en amont, le problème du déficit structurel pour ne pas prendre le risque de subir la spirale infernale de dettes dans laquelle la Grèce plonge.
En conclusion
Pour la force économique nationale, le retour au franc me semble donc être une bonne idée bien qu'inapplicable dans l'immédiat. Il faudrait en effet s'assurer dans un premier temps de la capacité de la France à pouvoir faire face dans la compétition économique mondiale avant d'envisager une sortie de l'euro.
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